77 700 euros. Ce chiffre, brut, sans fard, délimite en 2026 la frontière entre simplicité fiscale et gestion plus corsée pour les bailleurs en LMNP. Pas de marge d’erreur : un euro de plus suffit à faire basculer tout l’édifice, avec son lot de nouvelles obligations. Les recettes accessoires, trop souvent laissées de côté, s’invitent aussi dans la balance et peuvent bouleverser l’équilibre du statut du jour au lendemain.
Le statut LMNP en 2026 : ce qui change et ce qui reste
En 2026, la location meublée non professionnelle ne change pas de visage, mais la ligne à ne pas franchir, elle, évolue. Le plafond de recettes, pierre angulaire du LMNP, grimpe à 77 700 euros pour le micro-BIC, ajusté pour suivre la courbe de l’inflation. Cette limite concerne l’ensemble des loyers encaissés sur une année civile, que l’on parle de résidences principales, secondaires ou de meublés de tourisme classés.
Le socle fiscal du dispositif demeure. Les propriétaires qui choisissent le micro-BIC bénéficient toujours d’un abattement forfaitaire de 50 %. Ceux qui se tournent vers le meublé de tourisme classé profitent d’un abattement de 71 %, à condition de ne pas excéder 188 700 euros de recettes. Ce plafond, lui, ne bouge pas. L’attrait du meublé pour diversifier son patrimoine reste donc intact, à la seule condition de respecter ces limites.
La loi Le Meur, débattue en 2024, n’a pas revu la liste des activités éligibles au LMNP. Les investisseurs doivent cependant rester vigilants face à la doctrine fiscale, notamment sur les prélèvements sociaux ou les modalités de déclaration. Le LMNP reste distinct du LMP par le caractère non prédominant de l’activité, le respect des seuils et l’absence d’inscription au registre du commerce.
Les acteurs du secteur conseillent d’être proactif : le moindre dépassement, même temporaire, entraîne le passage automatique au régime réel. Il faut donc surveiller l’ensemble des recettes, y compris les indemnités ou revenus accessoires issus de la location meublée. Un suivi attentif de la fiscalité, appuyé par une gestion méticuleuse, constitue le meilleur rempart pour continuer à profiter des avantages du LMNP.
Quels sont les plafonds de revenus à respecter pour conserver le statut LMNP ?
Pour conserver le LMNP, un impératif : ne pas dépasser le plafond du micro-BIC avec l’ensemble des recettes locatives perçues par le foyer fiscal. Pour les années 2024 et 2025, la barre est fixée à 77 700 euros pour la location meublée classique. Ce montant additionne tous les loyers tirés de la location meublée non professionnelle, qu’il s’agisse d’un seul ou de plusieurs biens.
Le meublé de tourisme classé dispose d’un plafond supérieur, à 188 700 euros de recettes. Dès que l’un de ces seuils est franchi, le régime réel s’impose, ce qui implique une comptabilité et des démarches plus poussées.
Récapitulatif des plafonds du régime micro-BIC
Voici les seuils applicables selon la nature de votre activité :
- Location meublée classique : 77 700 euros de recettes annuelles.
- Meublé de tourisme classé : 188 700 euros de recettes annuelles.
La notion de recettes s’entend toutes taxes comprises, avant toute déduction. Les seuils s’évaluent par foyer fiscal, sur l’ensemble des biens relevant du même dispositif, qu’il s’agisse de courte ou de longue durée.
Respecter ces plafonds permet de conserver la simplicité du micro-BIC et d’alléger la déclaration fiscale. Il est donc judicieux de surveiller, année après année, le cumul des loyers pour anticiper tout dépassement et ajuster sa stratégie si nécessaire.
Zoom sur les conséquences fiscales en cas de dépassement des seuils
Dépasser le plafond du micro-BIC déclenche automatiquement un changement de régime fiscal. Dès que les recettes issues de la location meublée non professionnelle franchissent 77 700 euros (ou 188 700 euros pour un meublé de tourisme classé), l’investisseur passe sous le régime réel d’imposition. Ce changement implique une nouvelle façon de déclarer ses revenus et l’obligation de tenir une comptabilité complète.
Concrètement, il devient impératif de déclarer l’ensemble des recettes comme bénéfices industriels et commerciaux, mais selon le régime réel, parfois appelé BIC réel ou réel simplifié. Cette gestion implique souvent de faire appel à un expert-comptable pour établir les documents fiscaux (formulaires 2031 et 2033), calculer l’amortissement du bien, lister précisément les charges déductibles, et anticiper d’éventuels déficits reportables.
Le régime réel peut se révéler plus favorable pour certains profils d’investisseurs, grâce à l’amortissement du bien et à la déduction des charges qui réduisent l’assiette imposable. Mais la contrepartie réside dans des formalités plus lourdes et un suivi beaucoup plus strict. Par ailleurs, dépasser les plafonds peut conduire à une requalification en loueur en meublé professionnel, avec des conséquences sur la plus-value immobilière ou l’assujettissement aux cotisations sociales. Le respect des seuils s’inscrit donc au cœur de la stratégie patrimoniale de tout bailleur en LMNP.
Critères essentiels et bonnes pratiques pour rester dans les clous du LMNP
Pour continuer à profiter sereinement du régime LMNP, il faut concilier respect des plafonds et précision dans la déclaration. L’investisseur doit s’assurer de la cohérence entre les recettes perçues et le régime fiscal retenu, qu’il s’agisse du micro-BIC ou du réel simplifié. L’administration attend une déclaration minutieuse des revenus locatifs sur le formulaire 2042-C-PRO, sans négliger les particularités propres à la location meublée.
Voici quelques pratiques à adopter pour rester conforme :
- Demander sans attendre un numéro SIRET auprès de l’INPI dès le lancement de l’activité.
- Archiver toutes les factures et justificatifs des charges déductibles.
- En cas d’option pour le régime réel, tenir une comptabilité complète sur les formulaires 2031 et 2033.
La précision dans la déclaration fiscale ne tolère aucune négligence. Un retard ou une erreur peut remettre en cause le régime choisi et entraîner des régularisations financières parfois lourdes. S’appuyer sur un expert-comptable permet souvent de trancher entre l’abattement forfaitaire du micro-BIC et la déduction des charges, mais aussi d’optimiser l’amortissement du bien.
La cotisation foncière des entreprises (CFE) reste due, même sans perception de TVA. Il est donc pertinent d’adapter sa stratégie en tenant compte de l’évolution de ses recettes et du régime fiscal qui correspond le mieux à sa situation, tout en gardant un œil sur les seuils pour éviter une transition non anticipée.
Le LMNP, c’est avant tout l’art de conjuguer gestion fine et règles du jeu, pour continuer à faire fructifier son investissement sans mauvaise surprise. La prochaine étape ? Savoir réagir avant que le compteur ne s’emballe.


